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FIFA : Le bluff de Mosengo-Omba avec ses « 54 » voix (AB. Lahouari)

Le grand bluff !Juste un détail que le Suisso-Congolais, Véron Mosengo- Omba semble avoir oublié : il ne vivait plus à Kinshasa depuis belle lurette lorsqu’il a été propulsé à la tête du football congolais. Son parcours s’était déroulé depuis longtemps en Suisse et dans les arcanes du football international. Son arrivée à Kinshasa pour prendre les commandes de la FECOFA avait donc tout d’un parachutage. Et pas n’importe lequel.

Bien des dirigeants africains connaissent les coulisses de cette opération. Ils savent comment celui qui avait quitté le secrétariat général de la CAF s’est retrouvé candidat à la présidence du football congolais et que les réseaux ont facilité son installation. Dans ces conditions, son engagement actuel en faveur de Gianni Infantino prend une autre dimension. Car Mosengo-Omba ne se contente plus de défendre son ancien patron.

Il affirme désormais que les 54 fédérations africaines ont envoyé des lettres de soutien à Infantino et qu’elles voteront pour lui en mars 2027. C’est beaucoup. Et c’est précisément pour cette raison qu’il faut lui demander de produire les preuves. Les 54 lettres existent-elles ? Qui les a signées ? À quelle date ? Ont-elles été rédigées avant ou après l’affaire de la FIFA Forward Enterprise ? Et surtout, ces lettres constituent-elles un engagement définitif de vote ?

À Vancouver, en avril, les 54 associations membres de la CAF avaient effectivement soutenu unanimement la candidature d’Infantino. Mais c’était avant l’éclatement de l’affaire des investisseurs privés. Depuis, le contexte a radicalement changé. Alors, pourquoi Mosengo-Omba parle-t-il déjà comme si le scrutin de Rabat était joué ? Parce qu’il connaît parfaitement les méthodes de la maison. Or, une élection à la FIFA n’est pas une réunion de famille. Le 18 mars 2027, chacun déposera son bulletin.

Et ce jour-là, les 54 fédérations africaines n’auront pas à voter selon les certitudes de Mosengo-Omba. Elles voteront selon leur conscience. L’ancien secrétaire général de la CAF peut défendre son mentor. Il peut même se faire son avocat auprès des dirigeants africains. Mais il ne peut pas parler à la place des 54 fédérations du continent. Et le bulletin secret a ceci de particulier : il ne connaît ni les maîtres, ni les factotums, ni les promesses, surtout quand la décolonisation du football de notre continent en jeu.

– AB. LAHOUARI

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